Noeuds marins

Plongez dans l’univers des nœuds marins

L’art du matelotage est l’étude des différentes techniques de travail des matelots ou plus spécifiquement des gabiers. Il englobe l’apprentissage des différents nœuds, amarrages, préparation et emploi des cordages et filins d’acier (épissures, surliures…).

L’origine des nœuds

L’origine des nœuds date de plusieurs milliers d’années. Les hommes de la préhistoire utilisaient déjà des nœuds pour la chasse comme le collet ou pour attacher leurs chevaux. Ils utilisaient déjà les cordes naturelles tel que les racines et les lianes pour différents usages. Il est donc difficile de préciser exactement quand le premier nœud a vu le jour.

Tout de même, un nœud été découvert au Danemark sur un hameçon âgé de 10 000 ans ! Ce nœud était une “demi-clés à capeler (nœud cabestan)”. Ce qui en fait le plus vieux nœud marin ! C’est ensuite dans l’Antiquité que l’essor du nœud connaît son expansion dans le domaine de la navigation à voile par des civilisations égyptiennes, grecques ou romaines. Aujourd’hui, l’art du matelotage a été popularisés par la marine et est devenu indispensable pour la navigation.

Forêt de Liane

Les nœuds marins servent à empêcher le cordage de se défaire, à amarrer un bateau ou bien encore à fixer un cordage sur un support. Un nœud marin doit être simple à exécuter, tenir parfaitement et ne doit pas se desserrer.

En générale, un nœud fait perdre de la solidité à la corde. Un nœud simple par exemple a une résistance réduite de moitié, avec une force à la rupture de 40% de la résistance de la corde. Plus le nœud est serré, c’est à dire plus les boucles le composant sont serrées et frottent sur elles-mêmes, plus il y a de risques pour que la corde casse et cela toujours à l’extérieur du nœud.

Rupture de la corde

Il existe des milliers de nœuds, utilisés dans la marine, la pêche, l’escalade, la construction, etc… Il est nécessaire que vous connaissiez quelques types de nœuds marins qui pourront vous aider à prendre la mer en toute sérénité.

Un peu de vocabulaire marin.

Tout d’abord voici quelques mots à connaître avant de faire des nœuds. 

Le cordage désigne la corde. 

Le bout correspond à l’extrémité du cordage. 

La boucle représente la partie avec laquelle vous allez créer le nœud. 

Le dormant est déjà attaché à une partie fixe, il correspond à la partie du cordage que l’on ne travaille pas. 

Le courant est l’inverse du dormant et donc correspond à la partie du cordage avec laquelle on travaille. 

Souquer signifie tirer fort. 

Amarrer signifie retenir avec un cordage. 

Les 7 nœuds incontournables

Après plusieurs années à se faire des nœuds, des chercheurs ont mis au point un modèle permettant de prédire la solidité d’un nœud. Voici quelques nœuds indispensables à connaître avant de partir en mer.  

Tous les vrais marins le savent : le nœud en huit est le plus solide des nœuds.

Le nœuds en huit

L’invention du nœud en huit est revendiquée par un Américain Mike Karash, le chef des pompiers de Key West à la fin des années 1980. C’est un nœud simple à réaliser, à défaire et il n’abîme pas trop le cordage. Il est utilisé pour éviter qu’une écoute ne s’échappe lorsqu’elle est lâchée. Voici comment on réalise un nœud en huit.

Mnémotechnique :  

  • Faire une tête de pirate, lui mettre une écharpe et lui donner une sucette. 

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Nœud en huit

Le nœud de chaise

Le nœud de cahise

Le nœud de chaise, aussi appelé nœud de bouline est le nœud le plus utiliser en navigation. Il se révèle bien utile dans de nombreuses situations car il est extrêmement résistant. Tout marin qui se respecte connaît ce nœud ! Il a la particularité d’être facile à défaire même après avoir subi une traction très forte. Il est appelé “chaise” car la boucle est non coulissante et qu’il est possible de s’assoir dans cette boucle pour se hisser. Ce nœud peut être utilisé pour l’amarrage, pour rabouter deux cordages, pour attacher une écoute ou pour attacher l’extrémité d’une bosse de ris à la bôme. 

Mnémotechnique : 

  • Le serpent sort du puits, il fait le tour de l’arbre puis rentre à nouveau dans le puits. 

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Le nœud plat

Parfois nommé nœud d’Hercule ou bien encore nœud droit, ce nœud est probablement l’un des plus anciens et le plus connu. Il est utilisé pour relier provisoirement deux cordages de même diamètre et de même texture qui ne subissent aucune tension ni secousse. Il est constitué de deux demi-clés de sens inversés.  Il n’est pas très solide (il réduit de 45% la résistance de rupture). Ce nœud est très difficile à dénouer quand il est trop serré.  

Mnémotechnique : 

  • Gauche sur droite et par-dessus, droite sur gauche et par-dessous.

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Le nœud plat

Le nœud cabestan

Nœud cabestan

Le nœud de cabestan aussi appelé “demi-clé à capeler” est un nœud d’accroche. Il sert à attacher une corde à une barre fixe ou à attacher les pare-battages. Il vous servira donc à amarrer sur une bitte ou sur un anneau d’amarrage. Ce nœud n’aime pas être détendu, il a tendance à glisser, lorsqu’il est sous tension permanente, il est le nœud d’amarrage par excellence. Il est recommandé de l’assurer avec une demi-clé pour arrêter un pare-battage.

Mnémotechnique : 

  • Faire 2 boucles, écarter les deux côtés (Mickey) et le faire chevaucher.

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Le nœud grappin

Le nœud à grappin ou “nœud d’ancre” est un nœud simple à réaliser, résistant, non-coulissant et il n’abîme pas ce qu’il serre. En revanche, il est difficile de le défaire mais il empêche le cordage de s’user par frottement. Il est généralement utilisé pour relier une ancre à la ligne de mouillage.  

Mnémotechnique :

  • Faire un tour mort autour de l’anneau puis terminé par une demi-clé sur le brin courant, qui passe dans le tour mort. Puis finir une demi-clé pour plus de sécurité. 

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Le nœud grappin

Le nœud taquet

Le nœud taquet

Le nœud de taquet est un nœud permettant de fixer solidement un cordage à un taquet d’amarrage. Facile à réaliser et à défaire même s’il a été fortement souqué ou mouillé. Sur un taquet on ne parle pas de nœud de taquet, mais de tourner un taquet. Voici en image comment le réaliser. 

Mnémotechnique : 

  • Faire un tour mort complet autour du taquet, puis faire plusieurs huit et terminer par une demi-clé inversée.

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La pomme de touline

Souvent présentée comme un objet décoratif, au bout d’un porte-clés ou en bijou, la pomme de touline est un nœud d’arrêt encore utilisé aujourd’hui lors de l’accostage des navires dans les ports. Son nom provient du mot anglais « towline » qui signifie littéralement « ligne de remorquage » 

La pomme de touline servait à alourdir l’extrémité d’un cordage afin de pouvoir lancer celle-ci le plus loin possible avec précision. La pomme de touline est réalisée grâce au nœud appelé “le poing de singe”. C’est un lest constitué d’un nœud à l’extrémité. Cette pomme de touline est lancée à lamaneur ou au matelot. Généralement de la taille d’une boule de pétanque elle n’est pas évidente à réaliser. Il vous faudra sans doute faire plusieurs essais. 

Mnémotechnique :

  • Commencer simple avec 3 tours autour, pas trop serrés que l’on tient réunies ensemble verticalement, puis 3 autres tours en tournant autour horizontalement toujours sans serrer. Retirer vos doigts du nœud, passez l’extrémité de la corde dans l’anneau formé par le doigt et faite 3 nouveaux tours. Enfin serrer l’ensemble en tirant sur chaque boucle.

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La pomme de touline

A chacun son nœud marin

Un nœud est également une unité de mesure de la vitesse utilisée en navigation. Au XVI siècle, les navigateurs ont inventé le « log » (bûche en néerlandais), ce morceau de bois était accroché à une corde et lancé par-dessus bord depuis l’arrière d’un bateau. On déclenchait le sablier et comptait le nombre de nœuds qui défilaient entre les mains du marin pendant 28 secondes. Le nombre de nœuds donnait la vitesse du navire. 1 nœud correspond à 0.514 mètre par seconde soit 1.852 km par heure (ou 1 mille marin). Pour convertir facilement les milles nautiques en kilomètre suivez ce lien Convertir des milles.

Entretien & matière du cordage

Pour l’entretien de vos cordages, nous vous conseillons après chaque sortie de les rincer à l’eau douce. Arrivé en hivernage, stocker vos cordages dans un endroit sec, aéré et à l’abri des UV.  

Le choix de la fibre est également primordial pour tout type de cordage. La matière détermine les performances, la durabilité et la fiabilité du cordage. Aujourd’hui, il existe une multitude de matières synthétiques ou en fibre naturelle comme le chanvre qui entrent dans la composition des cordages.  

Les cordages synthétiques

Les cordages synthétiques : Ce sont des produits thermo­plastiques tels que le polyester, le polyamide, le propylène, et le polyéthylène. 

Le polyester

Le polyester est utilisé pour la confection d’amarres, de drisse ou bien encore d’écoutes. Très résistant, c’est un cordage très utilisé dans le domaine aquatique. En effet, la fibre polyester supporte une forte exposition aux UV comme au ravage ou à un trempage prolongé dans l’eau de mer sans être endommagée. Attention ce type de cordage n’est pas flottant mais sèche rapidement. Son seul défaut est son allongement à la rupture (élasticité) qui peux varier entre 8% à 12%, selon la qualité de la fibre. Il convient malgré tout à 80% des bateaux. 

Corde en polyester

Le polyamide

Corde en polyamide

Le polyamide plus connu sous le nom de Nylon a été découvert dans les années 30 par les usines de l’entreprise américaine Du Pont Nemours. Le polyamide est utilisé pour la confection d’amarre, de garcettes ou pour la ligne de mouillage. Il offre une élasticité supérieure à celle du polyester. Selon la qualité, il peut avoir un allongement à la rupture allant de 15% à 20%. Ce qui en fait une matière durable avec une forte élasticité. Ce cordage ne flotte pas et absorbe rapidement l’eau donc devient lourd à manipuler. 

La fibre polypropylène

La fibre polypropylène est une matière hydrophobe c’est à dire qui ne craint pas l’eau. Elle convient parfaitement à la confection de petits cordages comme le bout de remorquage. En revanche elle a une faible résistance aux UV ce qui nuit gravement à sa longévité.  

Corde en fibre de polypropylène

Le polyéthylène

Corde en fibre de polyéthyléne

Le dyneema est un polyéthylène Haut Module. Cette fibre est très appréciée dans le milieu nautique car il a des performances exceptionnelles. Principalement utilisée pour la fabrication de drisses, d’écoutes ou de câbles textiles. Le dyneema à une résistance aux UV très forte ainsi qu’à l’abrasion. Très appréciés par les professionnels grâce à sa légèreté, son faible coefficient d’allongement (inférieur à 1%) et sa grande résistance à la rupture. Il est hydrophobe et donc flottant. 

Les cordages en fibre naturelle

Les cordages en fibres végétales : le chanvre, le manille ou abaca. 

Le chanvre

Le chanvre est une fibre naturelle. Auparavant, il était très utilisé dans le milieu nautique mais aujourd’hui le chanvre est une fibre détournée à des fins décoratives. Désormais le chanvre est obsolète face aux nouvelles matières présentes sur le marché. 

Corde en fibre de chanvre

Le manille ou abaca

Corde le manille

Le manille ou chanvre de manille tire son nom de la ville de Manille, capitale des Philippines. C’est une fibre très résistante produite à partir de feuille de l’abaca (bananier dont les fruits ne sont pas comestibles). Elle est très légère, résistante et a une durabilité plus grande que les autres fibres naturelles. Ce cordage était très apprécié par les marins pour sa flexibilité et sa durabilité. Par ailleurs, sa couleur se situe entre le blanc de l’ivoire et le brun foncé.  

Et pour finir les cordages en aciers :

Ils sont plus fréquemment appelés câbles en acier. Dans la marine, ces câbles sont traités contre la corrosion. (Ils sont zingués ou galvanisés). 

Par Location bateau Arcachon Conseil navigation